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Joël Bérubé, kinésiologue chez Mouvement Essĕre, guide une cliente dans un exercice à quadrupédie.

L'arthrose

L'arthrose, la maladie du vieillissement du corps

Les douleurs articulaires qui apparaissent en vieillissant sont souvent reliées à l'arthrose, mais contrairement à ce que plusieurs pensent, l'arthrose ne se résume pas à une simple dégénérescence du cartilage. Un tissu humain sain ne s'use pas, car il a la capacité de se maintenir et de se régénérer. Alors, pourquoi ressentons-nous de la douleur? Pour surmonter l'arthrose, il est nécessaire de dépasser la simple gestion de la douleur et de s'intéresser à la cause sous-jacente de la maladie.

Les causes de l'arthrose

L'arthrose est avant tout un dysfonctionnement du processus normal de régénération du cartilage, le tissu chargé d'amortir et de répartir les forces au sein des articulations. Ce dysfonctionnement permet l'accumulation d'irritations conduisant ainsi à la douleur.

Bien que la cause exacte de cette maladie ne soit pas entièrement comprise, certains facteurs de risque sont identifiés comme accélérant sa progression. L'âge, le surpoids et les anciennes blessures figurent parmi ces facteurs. 

Par exemple, une blessure crée une perturbation de la fonction normale de l'articulation, accélérant ainsi le processus arthrosique, même si la blessure a eu lieu à un jeune âge. Cependant, cette constatation apporte une lueur d'espoir. Comme la cause semble être davantage biomécanique, des solutions peuvent être envisagées pour gérer la douleur et ralentir la progression de l'arthrose.

Les conséquences de l'arthrose

Il est crucial d'agir dès que possible pour freiner la progression de l'arthrose. Sans intervention, la dégénérescence du cartilage entraîne deux conséquences directes sur notre quotidien : l'apparition de douleur et la diminution de la fonction.

La douleur est un signal de communication qui a pour but de nous avertir d'une accumulation d'irritation à l'articulation. Le corps modifie alors sa posture et sa biomécanique afin de se protéger, ce qui entraîne une réduction de la fonction. Parfois, ce changement postural peut même apporter des douleurs compensatrices. 

La diminution de la fonction résulte d'une déstabilisation de l'articulation, constituant la problématique principale de l'arthrose. Une articulation instable devient moins mobile, plus sujette à l'irritation et donc plus douloureuse. Malheureusement, c'est un cercle vicieux où l'instabilité conduit à la douleur, et vice versa. De plus, comme mentionné précédemment, des facteurs de risque tels que les blessures ajoutent des instabilités, accélérant ainsi le processus.

Pourquoi intervenir précocement ?

Ce n'est pas notre objectif de créer une peur par rapport à l'arthrose. Cependant, sans une gestion de ces instabilités articulaire, on risque une augmentation de la sédentarité, ce qui causera une réduction de la masse musculaire. Cela peut être particulièrement préjudiciable lorsque combiné à la perte de masse musculaire liée au vieillissement. 

Avec une perte de masse musculaire, la perception de l'effort relatif à nos tâches quotidiennes devient plus importante. Cela est crucial à comprendre, car une tâche plus difficile à accomplir se traduit par une perception accrue de la douleur. Cela crée un deuxième cercle vicieux, cette fois-ci orienté vers une augmentation constante de la douleur. Ce phénomène est désigné sous le nom d'hypokinésie algogène, une diminution du mouvement provoquant de la douleur.

En résumé, au fil du temps, nos articulations deviennent instables en raison du vieillissement, des blessures, du surpoids ou d'une condition physique médiocre. Cette instabilité entraîne une augmentation progressive de l'irritation et donc de la douleur. Cette douleur provoque ensuite une souffrance qui incite à réduire l'activité physique. Malheureusement, la sédentarité accroît davantage la douleur.

Les systèmes de douleur

On peut légitimement se demander comment une réduction du mouvement, qui devrait normalement moins irriter les articulations, parvient à augmenter la douleur. En réalité, la douleur a deux composantes : la composante périphérique et la composante centrale.

La composante périphérique a déjà été décrite. Il s'agit de la douleur directement causée par l'irritation des tissus. Cependant, avec le temps, une composante centrale s'installe et complique le tableau. À force de bombarder le système nerveux central de douleur, une hypersensibilisation se produit.

En d'autres termes, plus nous ressentons de douleur, plus le système nerveux devient sensible à la douleur. C'est pourquoi la douleur progresse de manière quasi exponentielle lorsque l'arthrose n'est pas prise en charge. Il est donc essentiel d'intervenir le plus tôt possible, idéalement avant l'installation de l'arthrose.

La solution

Il existe deux méthodes de gestion de la douleur dans les cas d'arthrose : les modalités passives et les modalités actives.

Les modalités passives sont des techniques temporaires de gestion de la douleur. Elles sont certes efficaces et parfois nécessaires pour soulager l'inconfort, mais elles ne résolvent pas la cause de l'arthrose. Il est possible, par exemple, de prendre certains médicaments, de recourir à des infiltrations et de suivre des traitements en physiothérapie, en ostéopathie ou en acupuncture.

Les modalités actives sont les solutions à privilégier sur le long terme. Puisque la douleur provient de l'instabilité articulaire, l'objectif est d'utiliser des exercices pour renforcer et stabiliser ces articulations. Pour ce faire, il est crucial de comprendre le concept de gestion de la douleur à l'effort. Ce concept est fondamental pour éviter une hypersensibilisation.

JOËL BÉRUBÉ, kinésiologue

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Écrit par Joël Bérubé
le 20 janvier 2024
Kinésiologue
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